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LA RONDE - THEATRE DE POCHE MONTPARNASSE - Décembre 2009 à avril 2010 / Mai à juin 2010

 

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    NUMERO 1

"L’exercice est périlleux, mais efficace car personne ici n’en fait trop, jouant sur le fil entre la farce grotesque et l’intimisme ; citons particulièrement Eric Verdin, naviguant avec audaces à travers les compositions les plus paradoxales. Cette Ronde-là, véritable défi dans le lieu si petit, devient peu à peu une espèce de chambre des fantasmes pour spectateur voyeur et complice de bonheurs tristes. Mais riches, forts et fis de théâtre."

"Marion BIERRY nous déshabille sur mesure les héroïnes de Schnitzler dans sa très jolie version : on se s’en plaindra pas. Aujourd’hui, pas une ride, aucune trace de vieillissement. C’est de l’éternelle nature humaine dont parle Arthur Schnitzler, mal goupillée entre le corps et la gamberge. On se régale sans modération de ses personnages en proie à la mélancolie d’être lucides, qui badinent au bord du gouffre et jouent avec l’amour, par la grâce d’une jeune troupe qui exprime avec un talent rare et fou la tendresse de la vie sous le pavé des illusions."

"Visiblement, Marion Bierry s’est amusée comme une folle à monter la pièce dans l’esprit d’une revue intime et légère à la viennoise, en évitant le risque du boulevard que redoutait au plus haut point l’auteur. On est ici dans la licence de bon ton, avec ce qu’il faut de mauvais goût d’époque, ce qu’il faut de clins d’œil à l’intelligence grâce à la parodie, et ce qu’il faut de chair fraîche sans jamais la moindre vulgarité. La scène du sage et petit Théâtre de Poche devient pour un soir un exquis boudoir où, fesses à l’air, quelques jeunes comédiens appétissants, tous sexes confondus, font semblant de perdre leur vertu. Ils y mettent beaucoup de conviction, de gaieté et de talent. Eric Verdin, leur aîné, est comme toujours excellent."

"Pour nous enchanter totalement, Marion Bierry a réuni une belle distribution. Les personnages que composent avec truculence Marie Réache, Serge Noel et Vincent Heden nous ont ravi. Eric Verdin, lui excelle tant dans le rôle du mari bourgeois que dans celui de la comédienne. Quant à Sandrine Molaro, on ne sait plus quoi vous dire tant cette merveilleuse comédienne nous comble à chacune de ses prestations... Le mieux encore, c'est d'aller tous les applaudir très vite pour que le spectacle rencontre le succès qu'il mérite amplement."

"C’est très fort de parvenir à donner le sentiment de ce fol enchaînement d’un être à l’autre, d’un corps à l’autre, sur le plateau exigu du Poche. Un narrateur, Alexandre Martin, vénéneux meneur de jeu de cabaret, fait le lien entre les épisodes. Léocadia, la gracieuse Aline Salajan et tous les autres personnages possèdent immédiatement une épaisseur humaine intéressante : Sandrine Molaro, la femme mariée, Marie Réache, la grisette, Vincent Heden, le comte, Serge Noël, le poète au piano. Marion Bierry a pris une décision très forte : la comédienne…est un comédien, l’excellent Eric Verdin, et elle ajoute aussi aux humeurs délétères les troublantes images du travestissement. C’est très juste, très bien accordé à l’esprit même de la Vienne de Schnitzler qu’elle traduit avec précision et vivacité."

"L’époustouflante mise en scène de Marion Bierry est éminemment dynamique et vient parer le texte d’Arthur Schnitzler d’une légèreté délicieusement servie par des comédiens angéliques et virtuoses, chanteurs, danseurs, musiciens… Les costumes sont une valse de Strauss à eux tous seuls, le décor un dédale aussi complexe que les vies de nos personnages. Sur tous les plans, la Ronde devient la comédie romantique dans son sens le plus propre. Loin d’être une simple nomenclature des différents sentiments « disponibles » en la matière, elle les explore tous à la lumière d’ambigüités que l’humour seul peut tenter de démêler. Quelque soit votre disposition amoureuse, vous trouverez votre bonheur à croquer sur la scène du Théâtre de Poche."